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UTLC - Rencontre avec Thierry de la Rue

12 janvier 2018

Chargé de recherche au CNRS et chercheur au laboratoire LMRS de l’Université de Rouen Normandie, Thierry de la Rue est spécialisé dans les probabilités.

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Thierry de la Rue

Thierry de la Rue

Pourriez-vous vous présenter ?

Je suis chargé de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), affecté au Laboratoire Mathématiques Raphaël Salem (LMRS) où je réalise mes recherches sur les probabilités. J’ai intégré ce laboratoire après ma thèse consacrée à l'étude des systèmes dynamiques gaussiens et je l’ai dirigé de 2008 à 2011. Le laboratoire LMRS effectue des recherches dans différents domaines tels que les statistiques, les probabilités et les équations dérivées partielles.


Qu’est-ce qui vous a conduit à travailler sur cette thématique de recherche ?

Il y a 20 ans j’ai créé un exposé sur la recherche du plus court chemin avec Gérard Grancher, ancien ingénieur de recherche au Laboratoire Mathématiques Raphaël Salem (LMRS). Nous avions choisi cette thématique de conférence afin qu’elle soit une passerelle entre mathématiciens mais aussi avec le grand public. En effet c’est un thème large qui nous pousse à réfléchir dans plusieurs domaines mathématiques comme la géométrie ou la combinatoire. Cette « thématique passerelle » évoque un aspect différent des mathématiques en soulevant des problèmes en tout genre et elle est idéale pour la vulgarisation scientifique.


Selon vous, est-ce que le plus court chemin est toujours la ligne droite ?

Oui et non, il existe plusieurs types de lignes droites. En effet, si l’on se place sur un espace courbe comme la sphère, il faut redéfinir ce que signifie la ligne droite. On obtient alors une géométrie différente. Par exemple, nous avons tous appris à l’école que la somme des trois angles d’un triangle est toujours égale à 180°. C'est vrai dans le plan mais sur la sphère cette somme sera toujours supérieure à 180°. Ainsi, il est possible d’obtenir des triangles avec trois angles droits.


Pouvez-vous expliquer brièvement le paradoxe de Braess ?

Chaque jour, de manière inconsciente nous choisissons le plus court chemin, mais il n’est pas le même pour tout le monde. Par exemple, en voiture certains préfèrent choisir le trajet le plus court en distance et d’autres le plus rapide. Le paradoxe de Braess concerne ce qui se passe quand on ajoute ou enlève des routes, cela modifie donc la géométrie. Ce paradoxe est lié à la théorie des jeux et aux graphes. Le paradoxe de Braess démontre qu’une extension du réseau routier peut entraîner une redistribution du réseau et donc des trajets plus longs pour les automobilistes. En effet, certains vont favoriser leur propre intérêt au déficit de tous, ce qui crée des bouchons. La route la plus courte en distance peut ainsi devenir la plus longue en temps de trajet. Le paradoxe de Braess peut également se produire dans l’autre sens, c’est-à-dire que le réseau routier peut être fluidifié en supprimant des routes.


Vous donnez une conférence à destination du grand public dans le cadre de l’UTLC. Comment percevez-vous cela ?


J’estime, en tant que chercheur que je dois rendre des comptes au grand public, la vulgarisation scientifique fait partie intégrante de notre travail. Il y a évidemment les publications scientifiques qui contribuent à cette vulgarisation mais cela ne suffit pas. Il faut rendre la science facile d’accès et l’amener au grand public. Depuis plusieurs années, je fais des interventions en primaire, au collège et au lycée afin d’attirer les jeunes vers la science et d’en montrer les aspects ludiques. Derrière cette perception abstraite, les mathématiques ont été créées pour répondre à des questions concrètes. À travers cette conférence mon but est de transmettre ma passion des mathématiques.

Publié le 12 janvier 2018

mise à jour le 12 janvier 2018



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