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UTLC - Rencontre avec Sylvain Piron

15 mars 2018

Sylvain Piron est Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

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DIRECTION DE LA COMMUNICATION
Sylvain Piron

Sylvain Piron

Pourriez-vous vous présenter ?

Je suis médiéviste, Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, une institution tournée par définition vers la recherche interdisciplinaire. J’étudie l’histoire intellectuelle des XIIe-XIVe siècles, en étant particulièrement sensible aux voix discordantes (dissidences franciscaines, mystiques, prophètes). Mon dernier livre, Dialectique du monstre (Grand prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois 2016) s’intéresse à un clerc de la papauté d’Avignon qui exprime ses troubles personnels en produisant une œuvre graphique hors du commun. Je prépare actuellement un nouveau livre sur le sujet de cette conférence, qui paraîtra au mois de mai 2018, intitulé L'Occupation du monde.


Qu'est-ce qui vous a conduit à travailler sur ce thème de recherche ?

Pendant mes études, à la fin des années 1980, j’ai été pris d’un tel dégoût par la montée de l’idéologie libérale que je me suis tourné vers le Moyen-Âge, en y cherchant des arguments pour mener une critique du monde contemporain. En se regardant dans le miroir du passé, nous comprenons mieux que nos façons de faire n’ont rien de naturel. Nous pouvons également y découvrir leurs origines. Le discours économique dont nous sommes submergés est exactement dans ce cas.


Quelles sont les caractéristiques de la pensée économique médiévale ?

Les théologiens médiévaux du XIIIe siècle, qui ont formulé pour la première fois une série de concepts qui sont encore à la base de la réflexion économique actuelle (valeur, rareté, utilité, etc.), considéraient ce domaine comme appartenant à la philosophie morale. L’intérêt individuel n’était pas l’unique critère pertinent. Le bien commun, le sens de la justice et la compassion pour les faibles étaient aussi importants.


Pourquoi nous sommes-nous inspirés de la pensée économique médiévale et non antique, par exemple ?

La réponse est très simple : il n’y a pas de pensée économique antique. Nous trouvons des traités d’agronomie qui examinent la bonne gestion des grands domaines. Mais l’essentiel de la réflexion sur la propriété et les échanges était monopolisé par le droit. Nous pouvons en retirer une leçon importante : l’économie suppose le droit. Ce qui veut dire que le droit peut être une arme efficace pour contraindre et restreindre l’extension des relations marchandes.


Vous donnez une conférence à destination du grand public dans le cadre de l'UTLC.
Comment percevez-vous cela ?


La transmission du savoir auprès du grand public fait partie des missions du chercheur. J’en suis tellement convaincu que j’anime une université populaire dans ma commune de banlieue parisienne.

Publié le 15 mars 2018

mise à jour le 20 mars 2018



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