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UTLC - Rencontre avec Rachel Marion-Letellier

27 février 2017

Rachel Marion-Letellier, enseignante chercheuse à l’Université de Rouen Normandie – INSERM UMR 1073 Nutrition, inflammation et dysfonction de l’axe intestin-cerveau.

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DIRECTION DE LA COMMUNICATION
Rachel Marion-Letellier

Rachel Marion-Letellier

Pourriez-vous vous présenter ?

Je suis maître de conférence à l’Université de Rouen Normandie depuis deux ans. J’interviens principalement à l’UFR Santé et à l’UFR Sciences et Techniques, à la fois en licence et en master, dans les domaines de la nutrition, de la physiologie et de l’immunologie. Par ailleurs, je réalise mes recherches au sein du laboratoire INSERM UMR 1073 sur le lien entre la nutrition et l’inflammation intestinale.




Quels sont vos champs de recherche ?


Au sein du laboratoire nous avons trois champs de recherche principaux : les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, le syndrome de l’intestin irritable et les troubles du comportement alimentaire. Mon travail porte plus précisément sur les interactions entre les nutriments et l’inflammation intestinale.

Nous avons constaté au cours de ces dernières années un intérêt populaire concernant l’intestin et son fonctionnement : comment expliquez-vous ce phénomène ?

C’est vrai qu’il y a comme un phénomène de mode autour de cette thématique, notamment avec le succès rencontré par l’ouvrage de Giulia Enders Le charme discret de l’intestin. De manière générale, cela fait quelques années que nous remarquons, avec l’ensemble des régimes très divers en vogue, que tout à chacun souhaite se saisir de cette problématique. Qu’est-ce que je mange et comment ? Quelles sont les impacts de mon alimentation sur mon organisme ? etc. De ces interrogations sont nés beaucoup de régimes et de théories, certaines galvaudées d’autres plus sérieuses. C’est là qu’il est important de se positionner en tant que scientifique. Il existe de vrais bons livres qui abordent les éléments sans esprit partisan et qui dépeignent le spectre des interrogations que nous avons en tant que chercheurs dans ce domaine. Après est-ce seulement un phénomène de mode ou un véritable questionnement dans nos sociétés ? Le temps nous le dira.

Pouvez-vous nous expliquer le rôle de l’alimentation pour des personnes atteintes de maladies inflammatoires  chroniques de l’intestin ?

À ce stade des recherches scientifiques, il n’existe pas de régime unique à conseiller pour une personne atteinte d’inflammation intestinale. Nous avons cependant un certain nombre de pistes. Nous savons qu’une alimentation déséquilibrée peut avoir un impact sur l’organisme, et notamment sur la fonction intestinale. Cependant, à ce jour nous ne pouvons pas dire que tel aliment provoque telle maladie. Ce serait d’ailleurs dangereux de dire cela. Bien sûr, nous connaissons les risques liés à certaines habitudes alimentaires mais nous n’avons pour l’instant aucune preuve d’une quelconque relation de causalité entre celles-ci et l’apparition d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin ou de l’aggravation de ses symptômes.

En quoi est-ce important d’impliquer le grand public sur ces thématiques via un programme telle que l’Université de toutes les cultures ?

Pour moi, l’essentiel est de partager avec le grand public ce qui est fait en science par les chercheurs et les médecins et non ce qui est extrapolé de la science. Que ce soit dans des ouvrages, des études ou dans des articles de presse, de nombreuses choses sont dites sans véritable validité scientifique. Beaucoup se dotent d’une caution scientifique sur la base d’un raisonnement déformé ou erroné voire d’un intérêt commercial. Je participe donc à ce programme avec la volonté de remettre le travail scientifique et ses avancées au cœur des débats populaires.

Publié le 27 février 2017

mise à jour le 27 février 2017



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