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UTLC - Rencontre avec Philippe Bance

14 avril 2016

Directeur adjoint du laboratoire CREAM* et directeur de la mention de Master Economie Appliquée, Philippe Bance souhaite sa discipline, l’économie, au plus grand nombre pour lui permettre de poser un regard critique sur la société.

Structure de rattachement

CENTRE DE RECHERCHE EN ECONOMIE APPLIQUEE A LA MONDIALISATION
Philippe Bance

Philippe Bance

Pourriez-vous vous présenter ?

Je suis directeur-adjoint du laboratoire CREAM, directeur de la mention de Master Économie appliquée, membre des Commissions de la Recherche et des finances, du Conseil Académique de l’Université de Rouen Normandie. J’ai dirigé le département et la section d’économie de 1997 à 2002, ai été Vice-Président de l’Université de Rouen de 2007 à 2010 et suis, depuis septembre 2010, Délégué Scientifique à l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES) qui est devenue en 2014 au Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES). Je préside depuis 2011 la Commission scientifique « Économie Publique » du CIRIEC-France, suis depuis 2015 Vice-Président recherche du CIRIEC-France et préside depuis janvier 2014 le Conseil Scientifique International du CIRIEC (Centre international de recherche et d’information en économie publique, sociale et coopérative). Je suis aussi membre du conseil d’administration de l’AFEP (Association française d’économie politique) regroupant les économistes hétérodoxes.

Quels sont vos champs de recherche ?

Mes recherches se situent au croisement de l’économie industrielle, de l’économie publique et de la théorie des organisations. Elles ont été consacrées le plus largement à l’économie européenne, à l’analyse des missions publiques et au rôle qui peut être assigné aux organisations publiques pour contribuer à la réalisation de l’intérêt général, à l’évaluation de l’action publique. Elles ont donné lieu à la publication d’une quarantaine d’articles scientifiques publiés dans des revues nationales ou internationales ou des ouvrages et à la direction de quatre livres. Durant les six dernières années, mes recherches se sont principalement inscrites dans le cadre du réseau CIRIEC avec notamment des ouvrages consacrés à l’action publique face à la crise et à l’internalisation des missions publiques. On trouve une présentation détaillée de mon activité sur le site du laboratoire CREAM.

Sur quoi portent vos projets de recherche actuels ?

Je pilote actuellement trois programmes de recherche. Le premier, consacré à l’État stratège, débouche sur la sortie en septembre 2016 d’un ouvrage dans le cadre du CIRIEC-France qui sera publié en septembre 2016 avec pour intitulé « Quel modèle d’État stratège en France ? ». Le second s’inscrit dans le programme de la commission scientifique internationale du CIRIEC consacré au rôle économique et à la gouvernance des entreprises publiques à travers le monde. Je viens par ailleurs de lancer un programme international consacré à l’action conjointe des organisations hybrides d’économie publique et d’économie sociale pour la production de biens publics mondiaux et de biens communs.

Vous prenez part à l'Université de Toutes Les Cultures, en invitant Françoise Benhamou. En quoi s'adresser au grand public est-il important selon vous ?


J’ai souhaité inviter Françoise Benhamou, qui est non seulement une économiste de renom mais aussi une excellente pédagogue. J’ai aussi participé à l’activité de l’UTLC par une conférence qui s’est tenue le 16 novembre 2015 sur le thème « L'impact de la libéralisation des services publics sur leurs missions d'intérêt général : l'exemple de la poste ». Je suis de ces économistes hétérodoxes qui souhaitent voir sortir la discipline de la culture de l’entre soi, d’un enfermement techniciste fondé sur des hypothèses doctrinaires et très mal fondées, qui ont conduit à la crise que l’on connaît depuis 2008. L’économie se doit d’être une discipline au service de la société et non des intérêts les plus puissants. C’est pour cela qu’il est essentiel que la population puisse s’approprier la connaissance scientifique et y apporter son regard critique. Pour reprendre la conclusion de l’ouvrage sur l’État stratège, il convient de repenser l’action publique en liaison avec la démocratie, la participation de la société civile. Et, par nature, l’UTLC fait partie de ces « outils » d’appropriation citoyenne de la connaissance scientifique indispensables dans le champ de l’économie, et bien au-delà de celle-ci.

*Centre de Recherche en Economie Appliquée à la Mondialisation
 


Publié le 14 avril 2016

mise à jour le 14 avril 2016



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