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UTLC - Rencontre avec… Maxime Debret, la variabilité du climat comme fil rouge

5 février 2015

Maître de conférences à l’UFR de Sciences et Techniques et chercheur au laboratoire CNRS M2C, Maxime Debret est spécialiste de la variabilité climatique. Une passion qu’il met au service de ses étudiants et des générations futures : il invite chaque semestre des spécialistes du changement climatique comme Jean Jouzel ou Sylvain Couterrand.

Structure de rattachement

MORPHODYNAMIQUE CONTINENTALE ET COTIERE
Maxime Debret - Arctique

Maxime Debret - Arctique

Parlez-nous de votre parcours ?

Après un master en géosciences à Montréal et à Lille en paléoclimatologie, j’ai réalisé ma thèse à Grenoble, au laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement, pour comprendre la variabilité du climat dans les glaces polaires. J’ai toujours conservé ce thème comme fil rouge. J’ai par la suite effectué quatre post doctorats à Orléans (fjords de Patagonie), à Rouen (lacs africains), à Caen (vallée de la Seine) et à l’ENS Paris (les dépôts éoliens en Bulgarie). Depuis deux ans et demi, j’enseigne à l’université de Rouen en tant que Maître de conférences au sein du Master 2 Sciences des environnements continentaux et côtiers, spécialité « Eau, Sol, Environnement » (ESE), et du Master Métiers de l'Enseignement, Éducation et Formation (MEEF).


Quelles sont vos activités de recherche ?

Je travaille au laboratoire CNRS Morphodynamique Continentale et Côtière (M2C)1. J’étudie les paramètres influant sur l’érosion, les transports de matières et leur archivage au fond des lacs pour comprendre les modes de variabilité climatique en Atlantique Nord (de l’Europe jusqu’à l’Arctique), zone très sensible au changement climatique.

Je suis spécialiste de l’Holocène, les 10 000 dernières années, période pour laquelle nous ne disposons pas de données instrumentales. Pour comprendre le climat, il faut donc effectuer des carottes sédimentaires. Nous venons d’ailleurs de recevoir une caméra hyperspectrale à très forte plus-value scientifique, qui permet de connaître la composition des sédiments très rapidement et à très haute résolution.

Je suis engagé dans des projets de recherche fondamentale en Arctique, aux côtés de chercheurs américains, canadiens, suédois et norvégiens. Je travaille également au développement de la recherche locale avec des structures telles que l’Agence de l’eau, les communautés de communes, le Bureau de la Recherche Géologique et Minière…


Vous organisez des conférences données par des intervenants prestigieux. En quoi sont-elles essentielles ?

Elles font partie intégrante de la formation de nos étudiants. Ceux du master ESE seront demain les premiers interlocuteurs des élus, et les futurs enseignants du master MEEF, ceux qui sensibiliseront leurs élèves aux changements climatiques.

En parallèle, ouvrir ces interventions aux responsables locaux, aux institutions et au grand public est une démarche souhaitée et souhaitable. Il est indispensable de diffuser au plus grand nombre une information qui n’est pas toujours accessible. C’est pour cette raison que nous avons choisi de filmer l’ensemble des conférences que nous organisons, pour que les enseignants et les membres de notre réseau puissent en bénéficier. J’en profite d’ailleurs pour remercier mes collègues, l’université ainsi que les réseaux locaux, qui contribuent à cette visibilité.


En décembre 2015, Paris accueillera la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21). Quel regard portez-vous sur cet événement ?

Il montre bien que la France veut se poser en leader sur cette problématique. Soyons en fiers ! En tant que chercheur, on est au plus près de l’information et on se fait du souci : j’ai eu la chance d’aller en Arctique et de voir que ces changements climatiques sont tangibles. C’est un fait scientifique avéré, d’origine anthropique. Mais il y a aussi des réalités économiques, politiques et diplomatiques qui prennent le pas sur la science. Tout se joue maintenant ! Une chose est sûre : nous devons arrêter le gaspillage d’énergies. Notre discours de chercheur, qui n’est pas politisé et se doit de rester scientifique, peut en revanche servir l’éducation des générations futures.


1 - Le laboratoire M2C est une Unité Mixte de Recherche créée en 1992. Il est rattaché à l’Institut des Sciences de l’Univers (INSU) du CNRS, à l’université de Caen-Basse Normandie et à l’université de Rouen.

Publié le 5 février 2015

mise à jour le 5 février 2015



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