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UTLC - Rencontre avec Maïté Vicré

25 janvier 2018

Enseignante-chercheuse au laboratoire Glyco-MEV à l’Université de Rouen Normandie, Maïté Vicré est spécialisée dans les réponses immunitaires des plantes.

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Maïté Vicré

Maïté Vicré

Pourriez-vous vous présenter ?

Je suis enseignante-chercheuse à l’Université de Rouen Normandie. J’ai d’ailleurs fait mes études dans cette même université puis j’ai réalisé ma thèse en Afrique du sud avec la biologiste Jill Farrant à l’Université du Cap Town. Cette scientifique de renom étudie les plantes de la résurrection, elles ont comme particularité de résister à la sécheresse. Ses recherches aident de nombreux agriculteurs à s'adapter aux changements climatiques et aux sécheresses à répétition. Après ma thèse, j’ai fait un post-doctorat à l’Université d’Oxford et je travaille actuellement au laboratoire Glyco-biologie et Matrice Extracellulaire Végétale (Glyco-MEV) de l’Université de Rouen Normandie.


Qu'est-ce qui vous a conduit à travailler sur ce thème de recherche ?


Je dirais que parfois le hasard fait bien les choses. En 2005, au laboratoire Glyco-MEV nous étudions la paroi de cellules de racines de plantes quand nous nous sommes aperçus qu’elles étaient atypiques. Nous avons alors étudié leurs caractéristiques et leurs fonctions. C’est seulement en 2011 que notre première publication scientifique sur l’interaction des micro-organismes est parue.


Selon vous, pourquoi la réponse immunitaire végétale reste si peu étudiée ?

La réponse immunitaire végétale est fortement étudiée, mais principalement au niveau des parties aériennes. En effet, il existe de nombreuses publications scientifiques sur les réponses immunitaires des feuilles ou des tiges de plantes (la perception des pathogènes, les mécanismes moléculaires et cellulaires, l'activation des différentes voies de réponse). Ces mécanismes sont complexes et ne sont pas encore complètement élucidés. Par contre, la réponse du système racinaire aux pathogènes reste encore peu étudié et méconnu. En effet, la racine constitue "la partie cachée et obscure" de la plante, elle est moins aisée à étudier. Toutefois, des études récentes soulignent des différences dans la réponse immunitaire entre le système aérien et les racines. Il est donc important d'avoir une meilleure connaissance de ces mécanismes de défense du système racinaire. En effet, de part sa position dans le sol, la racine est confrontée à une multitude de micro-organismes. Les pathogènes du sol engendrent de nombreuses maladies entrainant des pertes économiques conséquentes que ce soit dans le domaine de l'agronomie ou de l'horticulture. Une bonne connaissance des interactions entre le système racinaire et les micro-organismes est donc indispensable au développement de nouveaux moyens de protection des cultures qui soient respectueux de l'environnement et de la santé humaine.


Pensez-vous que la médecine puisse s'inspirer des réponses immunitaires des plantes ?

Certains parallèles peuvent être établis entre la défense des plantes et la réponse immunitaire humaine. Notamment au niveau du système racinaire, nous pensons que des mécanismes sont similaires pour piéger et neutraliser les pathogènes. Des cellules racinaires sont particulièrement impliquées dans la réponse immunitaire et peuvent se révéler être une nouvelle source de molécules antimicrobiennes intéressantes trouvant des applications dans la médecine et la cosmétologie.


Vous donnez une conférence à destination du grand public dans le cadre de l'UTLC.
Comment percevez-vous cela ?


Je trouve que la vulgarisation scientifique est un exercice compliqué mais j’espère réussir à sensibiliser les gens à l’importance des végétaux. Sans les plantes, l'espèce humaine ne pourrait exister. Les végétaux représentent une ressource considérable et trouvent des applications dans de nombreux domaines, agroalimentaire, industries pharmaceutiques, cosmétiques, molécules à intérêt thérapeutique, production de nouveaux médicaments ...

 

Publié le 25 janvier 2018

mise à jour le 25 janvier 2018



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