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UTLC - Rencontre avec le Centre Iannis Xenakis

30 octobre 2015

Le Centre Iannis Xenakis (CIX) œuvre pour la conservation et la diffusion des travaux du compositeur, mathématicien et architecte éponyme.
Pierre Albert Castanet, enseignant-chercheur au laboratoire GRHis, est responsable de la coordination scientifique du CIX. Il nous présente ce personnage multiple, sans doute moins joué en France qu’à l’étranger.

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Qui était Iannis Xennakis (1922-2001) ?

C’est un grand personnage du 20e siècle, réfugié politique d’origine grecque et naturalisé français, dont la pensée et l’œuvre sont pluridisciplinaires. Il était mathématicien, architecte – assistant de Le Corbusier – et compositeur de ce que l’on appelle la « musique contemporaine ». Ce courant musical d’avant-garde d’après 1945 permettait toutes les audaces, toutes les expérimentations, toutes les dissonances. Il s’est progressivement atténué avec l’arrivée de la postmodernité, qui a favorisé à nouveau le plaisir de l’oreille.



Au vu de ses diverses casquettes, Iannis Xenakis a fait une musique spéciale, qui découle de « l’art-science », une expression varésienne. Il s’est ainsi servi de formules mathématiques, géométriques pour trouver des sons, des rythmes, des densités, tous les matériaux nécessaires pour faire de la « musique savante ».

Qu’est-ce que le centre éponyme ?

Xenakis a créé son propre centre, où il avait toutes ses machines, tout son matériel. Il a en effet inventé l’UPIC (cf. photo), que nous conservons aujourd’hui à la Maison de l’Université (MdU). C’est une table à dessin d’architecture électronique qui, quand on écrit dessus, produit des sons associés. En dehors de son rôle d’ordinateur, elle présente des vertus pédagogiques : Xenakis travaillait par exemple avec des enfants de classes maternelles ou primaires.
Au tout début, le Centre Iannis Xenakis (CIX) était parisien. Il s’est transporté à La Tourette, près de Lyon, où Le Corbusier et Xenakis avaient construit un couvent. Les religieux n’ont ensuite plus voulu de ce centre : les responsables ont alors cherché un point de chute universitaire, ce fut l’Université de Rouen (où Xenakis est venu souvent à l’invitation de Françoise Ferrand et de moi-même). Les archives du centre sont aujourd’hui conservées à la bibliothèque universitaire (BU), où elles sont nomenclaturées et numérisées, alors que le matériel technique se trouve à la MdU.

Quelles sont les principales actions menées par le CIX ?

Ses actions sont plurielles. Nous œuvrons pour la conservation, l’inventaire et la diffusion du fonds Iannis Xenakis et des archives associées. Ainsi, une fois par mois, nous proposons les rendez-vous Xenakis, le mardi ou le mercredi : une personnalité du monde universitaire vient faire une conférence sur la pensée et l’œuvre du maître, avec la plupart du temps une participation des étudiants en musicologie.
Enfin, nous organisons des journées d’études et colloques de dimension internationale, grâce notamment à l’action à la vice-présidente du CIX, Sharon Kanach. Le prochain rendez-vous aura lieu du 3 au 5 novembre 2015 : « De Xenakis à nos jours : le continuum en musique et architecture ».
D’autres types d’actions permettent de faire connaître la pensée de Xenakis, comme des expositions itinérantes ou la présentation de l’UPIC au jeune public dans les écoles, conservatoires de la région, voire lors de forums ou colloques internationaux (Allemagne, Chypre, Grèce, Etats-Unis…).

Comment le CIX prend-t-il part à l’UTLC ?

L’intérêt est justement dans les mots clefs de « l’Université de Toutes Les Cultures ». Ce cycle de conférences est ouvert à toutes les bonnes volontés qui veulent parfaire leur culture, et je devrais même dire leurs cultures. Car les différentes actions menées sur le campus se conjuguent toujours au pluriel. Les démarches entreprises par le CIX sont pensées pour toutes les aspirations et tous les appétits de connaissances et d’arts. Il va sans dire que cette attitude correspond pleinement à la philosophie de Xenakis.



Photo de la production de Kraanerg au National Arts Center d’Ottawa. Crédit : National Ballet of Canada Archives



Compte-rendu du Huddersfield Contemporary Music Festival. Crédit : Archives du Centre Iannis Xenakis



Julio Estrada et un groupe de non-voyants lors d’une session UPIC. Crédit : Archives du Centre Iannis Xenakis

Publié le 30 octobre 2015

mise à jour le 30 octobre 2015



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