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UTLC - Rencontre avec Frédérique de la Morena

8 mars 2019

Frédérique de la Morena est maître de conférences en Droit public à l’Université Toulouse 1 Capitole.

Frédérique de la Morena

Frédérique de la Morena

Pourriez-vous vous présenter ?

Je suis maître de conférences en droit public à l’Université Toulouse 1 Capitole. J’ai fait ma thèse sur le principe de laïcité en 1999.
J’ai fait partie de plusieurs commissions chargées de cette question (Comité national de réflexion et de propositions sur la laïcité à l’école, mis en place auprès du Ministre de l’éducation nationale, janvier 2002, Groupe permanent de réflexion et de propositions sur la laïcité, auprès du Haut Conseil à l’Intégration, installé en décembre 2010). Je suis aujourd’hui membre du Conseil des sages Laïcité auprès du Ministre de l’éducation nationale (installé en janvier 2018).
J’enseigne à l’Université UT1 Capitole, à l’Institut universitaire d’Albi et à l’ESPE, où je suis co-responsable de la mention Encadrement éducatif.


Quels les principes essentiels de la loi de 1905 ?

La loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 est une loi de liberté qui met fin au régime des cultes reconnus, en vigueur en France depuis le Concordat de 1801. Elle indique que la République doit garantir la liberté de conscience et la liberté de culte, en opérant une séparation entre la sphère publique et la sphère privée. Les cultes s’organisent dorénavant sous forme associative.


Quelle est la définition de la laïcité en France ?

Juridiquement, la laïcité est un principe républicain qui vise une organisation particulière des pouvoirs publics afin de garantir les libertés de conscience et de culte. Elle postule dans le même temps la neutralité des services publics. Elle est fondée sur le principe de séparation inscrit dans la loi de 1905. Le principe de laïcité, au sens strict, suppose la séparation entre ce qui relève du domaine de l’Etat et ce qui relève de la conscience individuelle, de l’ordre privé.
Composante essentielle de la modernité politique, la laïcité suppose donc que soit tracée une frontière entre la sphère publique, celle qui concerne l’ensemble de la nation et a pour objet ce qui est universellement partagé et la sphère privée, celle des individus et des communautés, libres dans le respect de la loi. L’indépendance de ces deux sphères est garantie par l’Etat qui se refuse, d’un côté, à imposer ou à favoriser une doctrine, une croyance particulière et qui incarne, d’un autre côté, l’unité de la communauté politique et en promeut les valeurs communes.


La laïcité tient une place particulière et importance en France. Afin de mieux comprendre cette situation, pourriez-vous apporter quelques éléments de comparaison avec nos pays voisins ?

Tous les Etats européens garantissent la liberté de conscience et la liberté de culte (libertés consacrées dans la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de 1950) ; ils ont organisé leurs rapports avec les cultes selon des modalités différentes (régime de tolérance, reconnaissance d’une église officielle, neutralité de l’Etat, …), selon leur histoire et la place qu’occupait la religion catholique, ou protestante.
Mais, en France, la laïcité est plus qu’un régime organisant les rapports entre l’Etat et les cultes. La construction historique de la laïcité est incontestablement liée à celle de la République; elle a permis de garantir la cohésion nationale qui n’était plus définie comme une communauté de croyances. Elle est indissociable également d’une certaine conception du service public, notamment du service public de l’éducation.



> Retrouvez Frédérique de la Morena en conférence le 13 mars 2019 à la Maison de l'Université : 
Les frontières de la laïcité



Publié le 8 mars 2019

mise à jour le 8 mars 2019



> 13 mars 2019 à la Maison de l'Université : Les frontières de la laïcité

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