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UTLC - Rencontre avec... David Vaudry, promouvoir les neurosciences auprès du grand public

26 mars 2015

Chargé de recherche INSERM à l’université de Rouen dans le domaine des neurosciences, David Vaudry dirige une équipe de recherche qui travaille sur l’implication des neuropeptides dans le développement du cerveau et leur possible utilisation comme agents neuroprotecteurs. Il a organisé trois conférences pour l’UTLC, présentées dans le cadre de la « Semaine du cerveau ».

Structure de rattachement

DIFFERENCIATION ET COMMUNICATION NEURONALE ET NEUROENDOCRINE
David Vaudry

David Vaudry

Pouvez-vous vous présenter ?

Après un DUT en biologie appliquée à l’IUT d’Évreux, j’ai rejoint l’université de Rouen pour poursuivre mes études dans la filière des neurosciences. Après ma thèse, j’ai réalisé un stage aux États-Unis au National Institute of Health, à Bethesda, près de Washington. Depuis 2002, je suis chargé de recherche INSERM à l’université, dans le domaine des neurosciences. Je dirige l’équipe de recherche Facteurs neurotrophiques et différenciation neuronale*, qui travaille sur les neuropeptides et leur capacité à favoriser le développement du cerveau ou à le protéger face à des maladies neuronales, comme l’accident vasculaire cérébral par exemple.


Vous travaillez sur les peptides. De quoi s’agit-il ?


Il s’agit d’une petite protéine, de taille nanométrique, que notre organisme produit et qui agit comme un médiateur sur d’autres cellules. Ces peptides favorisent notamment la survie de neurones pendant le développement, et pourraient permettre de soigner des maladies neuronales. C’est sur ces aspects que nous menons nos recherches, afin de produire et synthétiser des peptides, qui pourraient ensuite être utilisés par l’industrie pharmaceutique. Nous devons ainsi les rendre actifs sur certaines cellules, tout en préservant le sujet de possibles effets indésirables.
Nous menons actuellement un projet de recherche franco-britannique (chercheurs de Rouen, Amiens, Brest, Caen, Rennes, Exeter, Southampton, Portsmouth et du Kent) sur ces problématiques, dans le cadre du programme européen interreg PeReNE (Peptides Research Network of Excellence), en interaction avec des industriels. Nos laboratoires mènent une recherche fondamentale complexe qui nécessite des compétences diverses dans des domaines allant de la chimie à la médecine pour envisager des développements cliniques. Nous essayons donc de trouver des synergies avec les chercheurs anglais pour répondre au mieux à cette demande et bénéficier d’une plus grande visibilité. Afin de partager nos connaissances et établir de nouveaux partenariats, nous organiserons aussi à Rouen l’année prochaine le RegPep2016, un colloque international sur les peptides biologiquement actifs.

Vous êtes responsable scientifique de la plateforme PRIMACEN. Quelles en sont les prestations ?


PRIMACEN (Plateforme de Recherche en IMAgerie Cellulaire de Haute-Normandie) est l’une des trois plateformes développées par l’IRIB (Institute for Research and Innovation in Biomedicine), labellisées Infrastructure en Biologie Santé Agronomie. Ces équipements sont mis à disposition des laboratoires, instituts et entreprises privées, à qui nous proposons également des formations pour leur utilisation. PRIMACEN permet ainsi la synthèse de peptides, la microscopie optique et électronique, le criblage de molécules bioactives ainsi que la microdissection laser et l’analyse par PCR quantitative, pour mesurer l’expression des gènes. Chaque année, une centaine de personnes utilise PRIMACEN, et nous pouvons compter une quinzaine de collaborations avec des entreprises privées.

Et pour le grand public, quelles actions menez-vous ?

Nous collaborons depuis plusieurs années maintenant avec l’association Science action Haute-Normandie pour la « Semaine du cerveau », un événement international, dont l’édition 2015 a eu lieu du 16 au 22 mars en France, porté par la Société des neurosciences. Nous accueillons ainsi des expositions et diffusons des diaporamas prêtés par l’INSERM à l’UFR de Sciences et Techniques, afin de promouvoir auprès de nos étudiants les neurosciences et l’imagerie cellulaire. Dans ce cadre, nous organisons également des conférences grand public, qui cette année faisaient partie du cycle « Université de Toutes Les Cultures ». Nous avons ainsi accueilli des enseignants-chercheurs et praticiens hospitaliers de Rouen, sur le réflexe de déglutition, le comportement alimentaire et la maladie d’Alzheimer.

En quoi est-ce important d’impliquer le grand public ?


Ces conférences ont pour objectifs d’informer le grand public sur les progrès réalisés dans le domaine des neurosciences et les recherches menées localement. Le cerveau reste en effet très complexe : il existe un foisonnement d’informations qu’il est difficile d’intégrer, même en étant chercheur. Les choses les plus évidentes ont été trouvées, nous devons maintenant travailler sur ce qu’on n’a pas réussi à résoudre. Cependant, même si le cerveau est un organe compliqué, il y a des avancées, à la fois au niveau de la recherche fondamentale et dans le domaine clinique. On devrait toutefois aussi agir davantage sur les modes de vie dans nos sociétés modernes afin de limiter les facteurs de risques très souvent associés à de nombreuses pathologies neurodégénératives.

*Unité INSERM 982



Publié le 26 mars 2015

mise à jour le 17 avril 2015



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